Ecce trouve son origine dans la volonté de tirer une radioscopie de la génération 2000.
Une jeunesse aventurière qui s’emporte pour des projets qu’ils tiennent à bout de bras contre vents et marées.
Cette histoire raconte le parcours quasiment autobiographique de Matteo. Trentenaire parmi tant d’autres qui à partir d’une idée de projet ambitieux va tout tenter pour le mener à bien.
Il ira même jusqu’à l’épuisement psychologique puis physique qui lui coûtera ses amis, ses amours et le mépris de sa famille.
Vers un nouvelle NOUVELLE VAGUE.
Lionel Fouquet prend le relais de cette génération de réalisateurs en perpétuelle expansion à travers toute l’Europe. Ils ne sortent d’aucune école de cinéma et réussissent malgré tout à se faire entendre par la seule force de leur ambition et de leur originalité.
Ils sont le sang neuf, transgressif du nouveau cinéma.
Une génération référentielle nourrie à la vidéo et à la télévision avec les films de Scorsese, Argento, Cronenberg, Zulawski, Romero mais aussi Franju, Tourneur, Resnais, Polanski…
Un retour aux sources du cinéma de fabrication artisanale des années 70 avec les outils d’aujourd’hui. Un cinéma hybride qui tente de prendre corps au sein d’une industrie vouée à se répéter.
D’hybride, la narration d’ECCE est progressivement parasitée par un élément surréaliste qui nous fait passer d’une approche documentaire à une œuvre de fiction : La transformation physique de Matteo en Fœtus adulte.
Inspiré du concept kafkaïen de « la métamorphose », Matteo Morello est confronté physiquement à ce qu’il redoute le plus : retourner à l’état embryonnaire. Le retour dans le ventre de sa mère. Etat de dépendance total à l’autre qui subvient au moindre besoin vital du fœtus : Manger, boire, dormir, rêver…. Et être protéger du monde extérieur.
Ecce est un film à part.
Son propos traite de la perte de l’ambition. La résignation.
L’être humain vers l’apathie la plus totale.
Le traitement de la mise en scène et de l’histoire tente lui aussi d’inclure le sentiment de transformation.
Passant des codes connus de la comédie sociale dans la première partie pour glisser dans le surréalisme radical qui rend tout entier prisonnier le spectateur dans la tête de Matteo.
Enfant martyr de Repulsion, Rosemary’s baby, le locataire (3 films de Roman Polanski), ECCE tente une nouvelle approche schizophrénique du cinéma.
PRODUCTEUR – REALISATEUR : UNE RENCONTRE
Le projet a pris naissance à travers une histoire commune qui s’étire désormais sur plus de 3 ans entre Thierry Etienne, producteur Lyonnais et Lionel Fouquet, réalisateur parisien.
Un parcours similaire séparé par 15 ans de passion, de production et de réalisation.
Après plusieurs courts-métrages et des prix de scénarios et d’aide au développement, Thierry se prend d’affection pour ce 3e projet écrit par Lionel dans il se retrouve en bien des points.
Ils s’accordent pour trouver le projet tout aussi ambitieux que les autres mais avec caractère beaucoup plus personnel.
Ils tombent d’accord : le film doit se faire dans une énergie immédiate. Un projet instinctif, brut, sincère qui résonne avec la vie même. Il doit prendre le train du cinéma moderne en marche.
Le cinéma libre et indépendant subit aujourd’hui une lente paralysie de son activité en région. Il est très difficile de voir sur nos écrans des films d’auteurs ambitieux, dérangeants ou très innovants produits intégralement en région.
L’existence d’ECCE tient du miracle comme des centaines d’autres long-métrages dans son cas.
